Comment élaborer un cadre de soin avec les usagers ?

17 octobre 2019
15h45 - 16h45

Comment élaborer un cadre de soin avec les usagers ?

TABLE RONDE

Le cadre entretient et protège l’espace du soin. Chaque patient doit y trouver sa place et y loger sa parole. Comment intégrer directement les usagers dans les décisions qui concernent l’organisation des soins et l’accompagnement ? Comment s’organiser pour qu’une négociation de ce cadre soit possible ?  Avec quels outils (directives anticipées, plan de crise conjoint, espaces de paroles…) ? Quelle est la part du collectif dans cette co-construction ? Comment en évaluer les effets ?

Comment « recadrer » les soignants : l’exemple du plan de crise conjoint, Pascale Ferrari, infirmière spécialiste clinique au Département de psychiatrie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) et maître d’enseignement au Laboratoire d’enseignement et de recherche en santé mentale et psychiatrie et Caroline Suter, paire praticienne en santé mentale, assistante de recherche au Laboratoire d’enseignement et de recherche en santé mentale et psychiatrie, Haute Ecole de la Santé La Source (HES-SO), Lausanne (Suisse)

Si les pratiques centrées sur le rétablissement sont aujourd’hui recommandées, leur mise en œuvre dans les services de soins n’est toujours pas systématiques. L’autodétermination de l’usager, le partenariat et la décision partagée sont les valeurs intrinsèques et indissociables du rétablissement. Non seulement elles structurent le cadre thérapeutique, mais elles questionnent également le soignant dans sa posture et son expertise. Comment mettre en oeuvre concrètement cette participation de l’usager ? Le plan de crise conjoint permet d’accompagner cette évolution en donnant des repères. Fruit d’une négociation entre usagers, professionnels, voire proches, ce plan d’action est élaboré de manière anticipée pour prévenir et mieux gérer une crise future en tenant compte des préférences de l’usager en termes de soins et de traitements.

 

Passer du cadre de soin au projet de rétablissement Laurent Defromont, psychiatre, chef de pôle, Mélanie Clément, médiatrice de santé pair et Olivier Devaux porte parole des usagers, EPSM Lille Métropole

Intégrer le concept de rétablissement dans la pratique quotidienne oblige les soignants à passer d’une position paternaliste de « sachants » à une position « d’accompagnants » des personnes dans leur projet de vie où les soins ne sont qu’une possibilité. Soignants et soignés doivent donc adopter une posture différente. C’est au cadre de soin de s’adapter à l’individu et non l’inverse. La transformation des pratiques et des attitudes professionnelles passe donc par l’implication dans les équipes de soins « d’experts d’expérience », d’usagers porte-paroles de la santé mentale et de médiateurs de santé pair. Comment mettre en œuvre ces évolutions et en quoi renforce-t-elles l’efficience du dispositif de soin ? Expérience d’un pôle de psychiatrie Lillois.