De la « juste » présence corporelle du soignant

17 octobre 2022
10h45 - 12h15

De la « juste » présence corporelle du soignant

« Objet parleur » (Delion), le corps est aussi un lieu d’expériences vécues, de plaintes et de significations pour le sujet. Ce constat n’est pas sans conséquences : si le contact physique sert parfois l’interaction, il peut aussi prendre la forme d’une intrusion. Comment aller chercher ceux qui se replient et restent en retrait ? Lorsque les frontières du corps sont floues, lorsque la peau n’est plus cet espace sensoriel qui délimite et contient, le contact physique est facilement alors perçu comme menaçant. Le soignant doit éviter d’imposer sa sollicitude à qui ne la supporte pas. Entre le corps « objet de perception » de l’hypocondriaque, celui squelettique, mais perçu comme obèse de l’anorexique, le corps fragmenté, morcelé, envahi de la personne qui souffre de schizophrénie ou le « corps effracté » par la violence du traumatisme psychique, les nuances sont nombreuses et obligent le soignant à écouter des propos qui peuvent le désarçonner. Face à ces situations qui suscitent des émotions contradictoires, comment trouver le « juste au corps » du soin psychique ? Quelle attitude adopter ? Quelle présence corporelle le soignant peut-il déployer ?

  • Agitation : « toucher à distance », approcher, apaiser… Véronique Defiolles, psychomotricienne CH Montperrin, enseignante à l’Institut de formation en psychomotricité Pitié-Salpétrière et ISRP Paris et Marseille
  • Le toucher sécurisant ou comment se rencontrer par le corps, Corentin Sainte-Fare Garnot, ethnologue, éducateur spécialisé, approche intégrative. Coordinateur d’unité pour jeunes avec TSA, schizophrénie, psychose, avec déficience mentale et troubles du comportement
  • De « l’usage de soi » au cœur du soin, Cédric Juliens, philosophe et comédien. Il enseigne la philosophie et l’anthropologie du corps à la Haute Ecole Vinci à Bruxelles. Il anime depuis une vingtaine d’années des ateliers pratiques de travail psychocorporel à l’attention de soignants