Le cadre thérapeutique, un écrin pour les soins…

17 octobre 2019
09h00 - 10h15

Le cadre thérapeutique, un écrin pour les soins…

TABLE RONDE

Qu’appelons-nous « cadre thérapeutique » ? Pour les uns, il s’agit d’un ensemble de règles de conduites que les patients doivent respecter, pour les autres, il désigne en plus un temps, des rythmes, un lieu, un seuil, des valeurs partagées, des personnes, un objectif de soin et une ambiance. Lorsqu’un soignant parle de « recadrer » un patient, à quels concepts et pratiques cliniques se réfère t-il ? Sans se dénaturer, le cadre thérapeutique doit néanmoins toujours s’inscrire dans le cadre réglementaire.

« Le chêne et le roseau » : du cadre réglementaire au cadre thérapeutique, Florent Poupart, psychologue clinicien, maître de conférences en psychologie clinique et psychopathologie, responsable du Diplôme Universitaire Soin relationnel en santé mentale, Université Toulouse 2 Jean Jaurès

Les enjeux du cadre sont au cœur du quotidien des soins. Quelle attitude adopter lorsqu’un patient transgresse une règle ? Faut-il le laisser faire (pour respecter sa fragilité et favoriser l’alliance thérapeutique, au risque d’entretenir son sentiment de toute-puissance) ? Faut-il le sanctionner (pour « l’éduquer », au risque d’y laisser sa fonction soignante) ? Faut-il le « recadrer » (pour nommer la règle, au risque de lui faire perdre sa valeur en ne l’appliquant pas) ? En considérant le cadre comme une peau, et non comme un carcan, nous pouvons alors nous appuyer sur son élasticité, c’est-à-dire sur sa capacité à se déformer, sans jamais perdre sa fonction de limite. Comment dès lors déployer la posture soignante pour que le cadre constitue un véritable écrin pour les soins support de la fonction thérapeutique de la relation ?A partir de concepts issus de la clinique psychanalytique et d’exemples puisés dans le quotidien des soins, nous aborderons quelques pistes pour mettre en travail cette question.

 

Entre flexibilité et contenance… ou l’art subtil de ne pas rompre, Elodie Gille et Julie Cubells, infirmières, Unité pour malade difficile, Centre hospitalier de Montfavet.

Les Unités pour Malades Difficiles (UMD) accueillent des patients relevant de soins psychiatriques sans consentement et dont l’état de santé requiert des mesures particulières. Une fois le cadre légal posé, comment faire coexister protocoles et sécurité avec thérapeutique et soins ? Même si ces soins sont imposés, seul le patient peut s’en saisir. Comment créer du lien et ouvrir des espaces où peuvent advenir des opportunités qui permettent au patient de « tout dire mais pas tout faire » ? C’est tout l’enjeu du cadre thérapeutique. Entre limites, contenance, flexibilité, cohésion et réflexion d’équipe… Illustration à partir d’une histoire clinique.