Les infirmières saluent la publication des arrêtés relatifs à la liste des soins, actes et prescriptions !
Un an après la « loi infirmière » du 27 juin 2025, les infirmières saluent de concert la publication des arrêtés, relatifs à la liste des actes, soins et prescriptions. Ils traduisent enfin dans la réglementation la réalité clinique de terrain : les infirmières observent, évaluent, décident, orientent, préviennent, coordonnent et assurent un suivi quotidien des patients. La réglementation rattrape progressivement les pratiques. Il faut maintenant faire vivre cette réforme sur le terrain, l’évaluer avec les professionnels et les patients, puis la faire évoluer à partir des résultats obtenus.
« Ces deux textes constituent l’aboutissement de la trajectoire règlementaire enclenchée par la loi du 27 juin 2025 sur la profession infirmière et poursuivi avec la publication du décret relatif aux activités et compétences infirmières du 24 décembre 2025. Ils donnent désormais une portée pleinement opérationnelle à la nouvelle définition de l’exercice infirmier et traduisent la reconnaissance de l’expertise clinique et de l’autonomie des infirmières et des infirmiers« , a rapidement réagi l’Ordre national des infirmiers (ONI) après la publication, le 27 juin au Journal Officiel, de l’arrêté relatif à la liste des actes et soins infirmiers et de l’arrêté relatif à la prescription infirmière. »
Renforcement du rôle propre
Parmi les évolutions majeures figure l’élargissement des prises en charge en accès direct dans le cadre du rôle propre infirmier. « C’est notamment le cas avec la reconnaissance de la consultation infirmière, la prise en charge avancée des plaies ou encore les dépistages standardisés et l’orientation des patients« , a rappelé l’ONI.
Pour l’instance représentative des infirmiers, le rôle propre constitue « le coeur de l’autonomie infirmière« . Il recouvre « la capacité des infirmières et des infirmiers à évaluer une situation, identifier les besoins du patient, poser un diagnostic infirmier, coordonner les interventions et organiser les soins« .
Pour le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) « Pour la première fois, la consultation infirmière est explicitement inscrite dans les textes réglementaires comme une modalité autonome d’exercice, pouvant être réalisée en établissement de santé, en établissement médico-social, au domicile, en cabinet libéral ou dans toute structure autorisée. » Néanmoins le SNPI souligne que la consultation infirmière devra bénéficier d’une rémunération adaptée afin de permettre son développement en ville comme en établissement. Les outils numériques devront également évoluer pour faciliter la traçabilité, l’échange d’informations et l’intégration des comptes rendus infirmiers dans le parcours de soins. Enfin, l’accès direct aux compétences infirmières devra être réellement organisé dans les territoires, afin que les patients puissent bénéficier rapidement de cette nouvelle offre de soins.
Prescription infirmière
L’arrêté relatif à la prescription infirmière fixe quant à lui la liste des produits de santé et des examens complémentaires que les infirmières et les infirmiers pourront prescrire dans le cadre de leur exercice.
« Il permet aux infirmières et aux infirmiers de prescrire certains bilans biologiques, de renforcer la prise en charge des personnes atteintes de pathologies chroniques grâce à une mobilisation plus rapide des examens nécessaires, de contribuer à la prise en charge de la douleur par la prescription de certains antalgiques, et de favoriser le maintien à domicile par la prescription et le renouvellement de certains dispositifs médicaux. Il renforce aussi l’accès aux soins en santé sexuelle notamment par la prescription de contraceptifs et le dépistage de certaines infections sexuellement transmissibles« .
Pour l’Ordre national des infirmiers, ces nouvelles compétences poursuivent un même objectif : « permettre aux infirmières et aux infirmiers de mobiliser pleinement leurs compétences au bénéfice des patients et de l’accès aux soins« . Elles contribueront notamment à « réduire les délais de prise en charge et à renforcer la prévention« . L’Ordre appelle à ce que ces nouvelles responsabilités « s’accompagnent des moyens nécessaires à leur appropriation par les professionnels comme par les organisations de soins » et précise qu’il « sera attentif à une actualisation régulière de ces arrêtés afin d’accompagner l’évolution des pratiques infirmières et de garantir l’adéquation permanente du cadre réglementaire aux innovations et réalités du terrain« .
Pour le SNPI ce second arrêté constitue probablement l’évolution la plus visible pour les patients. Pour la première fois, les infirmiers disposent d’un véritable champ de prescription autonome concernant de nombreux dispositifs médicaux, produits de santé et examens complémentaires. Néanmoins le SNIP relève que la prescription infirmière devra être pleinement intégrée dans les logiciels métiers, le dossier médical partagé et les messageries sécurisées afin d’assurer une coordination fluide avec l’ensemble des professionnels. Enfin, il sera nécessaire d’évaluer rapidement l’impact de ces nouvelles compétences sur les délais d’accès aux soins, les passages aux urgences, la satisfaction des patients et la qualité des parcours.
Une réforme de cette ampleur doit s’accompagner d’indicateurs objectifs permettant d’en mesurer les bénéfices.
Pour le syndicat, « le premier chapitre s’achève. Le plus important commence maintenant : faire vivre cette réforme sur le terrain, l’évaluer avec les professionnels et les patients, puis la faire évoluer à partir des résultats obtenus ». (voir notre article)
L’UNIPA demande l’actualisation des textes applicables aux infirmiers de pratique avancée
De son côté, l’UNIPA salue une « avancée« , qui « traduit une reconnaissance des compétences infirmières et une adaptation du cadre réglementaire aux besoins du terrain« . Cette publication « permettra d’inclure une régulation sur la cohérence des textes encadrant la pratique avancée, notamment lors du comité de suivi« , détaille le syndicat dans un communiqué. « En effet, différentes évolutions doivent être intégrées dans le travail en cours : certaines prescriptions IPA – notamment antalgiques – sont soumises à une concertation médicale. Cette situation doit être rectifiée pour répondre à la gradation des compétences attendue. l’arrêté modifie le cadre réglementaire de référence des prescriptions infirmières. Une actualisation nécessaire des textes applicables aux IPA, permettra de s’appuyer sur les nouveaux textes de référence. Cette mise à jour réglementaire sera l’occasion de renforcer la cohérence de la gradation des soins du cadre de la pratique avancée avec les évolutions reconnues aujourd’hui à l’ensemble de la profession infirmière. L’UNIPA attend avec impatience les suites qui seront données à ces évolutions et continuera à porter ces évolutions, pour permettre aux IPA d’exercer pleinement leurs compétences, et une lisibilité des parcours au bénéfice des patients et de l’accès aux soins« .
• L’analyse du texte par le SNPI : https://www.syndicat-infirmier.com/Reforme-infirmiere-ce-que-changent-les-nouveaux-arretes-sur-les-actes-les-soins.html