Programme

« On n’a plus le temps ! » :
comment rester disponible à la rencontre ?

 

 

Table ronde 1 – Le soin est affaire de temps !

Temps « mesurable » des horloges et temps ressenti par chacun s’opposent en permanence. En médecine, le temps reste un « grand maître ». Nosographie, sémiologie, diagnostic et pronostic, rémission et rétablissement sont ainsi soumis aux différentes étapes de la maladie : déclenchement, traitement, guérison, chronicisation, rechutes.

Dans les pathologies psychiatriques, la perception du temps fait symptôme, comme le « tout, tout de suite » des sujets borderline ou la temporalité apparemment figée des personnes souffrant de schizophrénie. Le parcours de soin est alors ponctué de moments qui différencient des espaces temps et servent de repères à des patients parfois perdus dans leurs souffrances. Temps souvent contraint des soignants, temps des familles, des patients parfois en demande d’efficacité rapide des traitements, comment faire cohabiter ces différentes temporalités ?

 

Table ronde 2 – Le poids des contraintes temporelles

Le temps est une ressource précieuse ! Qu’il s’agisse d’attendre l’effet d’un traitement médicamenteux, d’accompagner un patient dans sa prise de conscience de la maladie (parfois après plusieurs décompensations…) ou encore de tisser patiemment une relation de qualité, impossible « d’aller plus vite que la musique » intime de chacun.

L’accélération des temps et des rythmes bouscule pourtant ce travail d’apprivoisement et de tissage du lien thérapeutique. Epuisement physique et émotionnel, saturation cognitive, stress, hyperactivité et sensation permanente de « manquer de temps » érodent alors la capacité des soignants à observer, analyser et réagir. Dans le même temps, la perte de sens de l’investissement professionnel s’installe et alimente souvent la culpabilité des soignants. Comment les professionnels tentent-ils de faire face et à quel prix ?  Les entretiens informels, fragiles havres de paix, peuvent constituer des espaces de respiration à réinvestir.

 

Table ronde 3 – Privilégier l’intensité du lien

Les soignants doivent accepter de ne pas, toujours, tout maitriser ni tout faire. C’est dans des espaces laissés vacants que les patients et leurs proches peuvent aussi s’installer et s’approprier leurs soins. Pour tenter d’ajuster ces rythmes et ces attentes, en apparence inconciliables, des équipes de soin choisissent de privilégier l’intensité du lien avec le patient et de différencier l’important de l’essentiel…

Certains dispositifs peuvent soutenir cet engagement, s’adapter au rythme de chaque patient et garantir la continuité des soins. Peut-on ainsi « protéger » un patient de la réitération suicidaire en prenant le temps de coconstruire avec lui un outil « sur mesure » ?  Peut-on diminuer la coercition grâce à la mise place d’une équipe dédiée au soutien clinique des collègues en difficulté ? Réactivité, rapidité, mobilité, comment les équipes mobiles déploient-elles un « travail de disponibilité » dans l’intervention précoce ?

 

Table ronde 4 – Quand des institutions s’engagent dans le « Slow care »… 

« On n’a pas le temps ! », c’est toujours : « Je n’ai pas de temps pour… vous » ! Pour que la parole du patient soit entendue, qu’elle trouve sa place et fasse « événement » sur le plan clinique, il faut que l’institution permette à la personne qui souffre de se raconter et d’élaborer son histoire. Des outils narratifs peuvent ainsi rendre compte de sa subjectivité et de la singularité de son parcours. Le soignant peut alors réinvestir l’écoute et développer une sensibilité à l’expérience vécue et au langage. D’autres organisations choisissent aussi de s’appuyer sur les nouveaux « métiers du soin » (pratique avancée, coopération, pair aidance…) pour accroître l’hospitalité. Autant d’espaces de « respiration » qui redonnent au professionnel le plaisir de soigner et de tisser de l’exceptionnel…

 

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