Objectifs pédagogiques

Public

Les professionnels de santé salariés ou libéraux exerçant en psychiatrie et en santé mentale constituent le public prioritaire (infirmières, aides-soignantes, cadres de santé, psychologues, ergothérapeutes, psychomotriciens, éducateurs spécialisés, médiateurs de santé, médecins, psychiatres…) mais aussi les professionnels des structures médico-sociales (SAMSAH, SAVS, foyers, GEM…), les gestionnaires d’associations intéressées par la santé mentale et l’insertion des personnes en souffrance psychique.

Durée 

1 journée en présentiel (7heures)

Prérequis : aucun

Problématique

  • Les Rencontres Soignantes en Psychiatrie sont organisées par la revue Santé Mentale (20 000 lecteurs chaque mois) support d’information et de formation destiné plus spécifiquement aux soignants en psychiatrie et en santé mentale. Sa ligne éditoriale pérenne depuis 1995 est résolument centrée sur une clinique pluridisciplinaire exigeante qui prend aussi en compte les compétences des usagers. Hors des querelles des écoles de pensée, il s’agit de valoriser et de croiser les savoir-faire, d’interroger le savoir-être du soignant, de questionner les pratiques et l’actualité.
  • En complément, les Rencontres Soignantes en Psychiatrie créée en 2015 répondent à la volonté d’allier l’écrit qui implique une lecture solitaire, peu propice à la rencontre, à la possibilité de partager et d’élaborer collectivement des contenus cliniques incarnés par les professionnels que les lecteurs découvrent chaque mois, soit creuser le même sillon mais avec d’autres moyens qui conjuguent la présence et la réflexion partagée.
  • Les thèmes des Rencontres Soignantes en Psychiatrie naissent des problématiques de terrain exprimées par les lecteurs de la revue papier et du site (100 000 visiteurs/mois) et les réseaux sociaux Facebook (43 000 abonnés), x (20 700), Linkedin ( 88 000 abonnés).
  • Le programme des Rencontres Soignantes en Psychiatrie est élaboré à partir de ces questions par le conseil scientifique composé de professionnels francophones de terrain et d’universitaires de plusieurs disciplines liées au soin. Les intervenants comme les modérateurs sont choisis parmi des experts (ayant ou non publié dans la revue) à partir de leur connaissance de la thématique. Sont prises en compte leurs publications, leur qualité et leur nombre (impact factor), la réalité de leur présence sur le terrain (interventions dans les congrès, formations réalisées dans l’année), l’originalité de leur point de vue, leur capacité à transmettre des informations (pédagogie, charisme). Pour ce faire, les membres du Comité scientifique se déplacent pour écouter les intervenants, visionnent sur Internet leurs interventions et lisent et critiquent leurs différentes contributions. La qualité des intervenants n’est pas le seul critère pris en compte. Pour offrir un contenu suffisamment nourrissant et réflexif, les intervenants sont choisis en fonction de la complémentarité de leurs regards sur la thématique. Les différentes interventions doivent se compléter, dialoguer parfois s’opposer et mobiliser la réflexivité des participants. Les universitaires cohabitent avec des professionnels issus du terrain et des usagers connus pour leur implication dans le soin.
  • Chaque thématique est exposée en quatre temps (ou tables rondes) : cadrer le problème, en repérer les manifestations concrètes, les penser pour comprendre et enfin agir pour modifier les pratiques. Les participants sont ainsi invités à un parcours réflexif sur une problématique qui les mobilise :
    • se décentrer des manifestations du problème,
    • se rendre compte qu’il n’est pas seulement la manifestation d’une problématique locale mais s’insère dans un questionnement clinique partagé,
    • découvrir des outils théoriques et cognitifs pour l’appréhender et le penser,
    • repérer et reconnaître ses différentes manifestations concrètes,
    • modifier le quotidien à partir d’outils concrets expérimentés dans d’autres lieux,
    • et de retour sur son terrain partager le contenu de la journée avec ses collègues et mettre en travail collectivement les différents acquis des Rencontres.
  • Ont été ainsi mises en travail, au fil des dix années :
    • La relation avec le patient qui souffre de psychose,
    • L’Education Thérapeutique du patient atteint de psychose,
    • La distance thérapeutique,
    • Le cadre de soins
    • les soins sous contrainte (isolement et contention)
    • Les émotions
    • L’accueil
    • L’approche corporelle
    • L’écoute
    • La temporalité
    • Le passage à l’acte

Objectif général

Permettre aux professionnels du soin, de la psychiatrie, du médico-social et de l’accompagnement de comprendre les troubles du comportement, non comme de simples manifestations à faire cesser, mais comme des conduites à observer, contextualiser, interroger et travailler collectivement, afin de restaurer du sens, du lien et des possibilités de soin.

Objectifs pédagogiques des 12es Rencontres Soignantes en Psychiatrie : Quand  les troubles du comportement nous mettent à l’épreuve

À l’issue du colloque, les participants pourront :

  1. Clarifier ce que recouvre la notion de trouble du comportement
  • Distinguer comportement, conduite, symptôme, trouble, réaction défensive ou adaptation à un contexte.
  • Interroger les normes professionnelles et institutionnelles à partir desquelles un comportement est qualifié de perturbé, difficile ou pathologique.
  • Mobiliser des repères sémiologiques pour différencier observation, interprétation et hypothèse clinique.
  1. Décrire les comportements de manière clinique et située
  • Dépasser les formulations globales ou peu descriptives comme “agité++”, “oppositionnel+++”, “incurique++” ou “en retrait++”.
  • Repérer les circonstances d’apparition, les variations, les moments d’apaisement et les effets relationnels du comportement.
  • Prendre en compte le contexte de soin, l’environnement, l’histoire de la personne et la dynamique institutionnelle.
  1. Comprendre les troubles du comportement comme des messages parfois inaudibles
  • Envisager l’agitation, l’opposition, le cri, le retrait, l’inhibition ou l’hyperadaptation comme des modes d’expression possibles d’une souffrance.
  • Identifier la fonction adaptative, défensive ou relationnelle de certains comportements.
  • Développer une attention clinique aux signaux faibles et aux patients qui ne dérangent pas, mais dont la souffrance risque de devenir invisible.
  1. Analyser ce que ces situations produisent chez les soignants et dans les équipes
  • Reconnaître les affects mobilisés par les troubles du comportement : peur, colère, impuissance, découragement, rejet, sentiment d’échec.
  • Comprendre comment ces situations éprouvent la cohésion, la contenance et la créativité des équipes.
  • Soutenir l’élaboration collective (réunions cliniques, analyse des pratiques professionnelles, supervision) afin de ne pas réduire la réponse au contrôle, à la contrainte ou à la seule adaptation médicamenteuse.
  1. Comprendre les mécanismes défensifs mobilisés dans les troubles du comportement
  • Repérer comment certains comportements peuvent fonctionner comme des défenses face à l’angoisse, au vécu d’intrusion, à l’abandon, à la honte, au traumatisme ou à l’insécurité relationnelle.
  • Identifier les effets de ces mécanismes sur les soignants : sentiment d’impuissance, irritation, rejet, peur, sidération, volonté de maîtrise ou tentation de retrait.
  • Comprendre comment ces éprouvés peuvent se diffuser dans l’équipe, fragiliser la cohésion, rigidifier le cadre ou favoriser des réponses défensives collectives.
  • Soutenir une élaboration d’équipe (réunions cliniques, Analyse des pratiques professionnelles, supervision) permettant de transformer ces effets en matériel clinique, plutôt qu’en réactions immédiates, clivées ou uniquement sécuritaires.
  • Être capable, lors de ces réunions, d’évoquer la qualité de sa relation avec les patients qui mettent en œuvre ces comportements et les émotions qu’ils suscitent.
  1. Prévenir les réponses réductrices ou coercitives
  • Résister à la tentation de faire disparaître trop vite le comportement sans en interroger le sens.
  • Réfléchir aux conditions permettant d’apaiser une situation sans priver la personne de ses libertés, de ses capacités cognitives ou de ses possibilités de communication.
  • Identifier des alternatives non médicamenteuses, relationnelles, environnementales et institutionnelles.
  1. Soutenir une posture relationnelle ajustée
  • Maintenir une présence soignante « suffisamment bonne » face à l’intensité émotionnelle, au cri, à l’opposition, au refus ou au retrait.
  • Explorer l’ambivalence plutôt que chercher à convaincre, faire accepter ou faire changer à la place de la personne.
  • Mobiliser des outils relationnels comme l’entretien motivationnel ou la communication non violente pour soutenir l’alliance thérapeutique.
  1. Transformer l’épreuve clinique en opportunité de lien
  • Restaurer un espace de dialogue lorsque le trouble du comportement a rompu ou fragilisé la relation.
  • Faciliter un retour réflexif sur ces troubles et la façon dont le sujet a pu y faire face en lien avec l’équipe soignante.
  • Soutenir le pouvoir d’agir du sujet et sa place dans le collectif.
  • Reconnaître l’apport des pairs-aidants, des médiations, des directives anticipées et des espaces d’écoute, notamment autour de l’expérience des voix.
  1. Inscrire la réflexion dans une perspective de rétablissement et de lien social
  • Penser l’après-crise et les conditions d’un retour possible à la relation.
  • Travailler la place du sujet au sein du soin, de l’institution et du tissu social.
  • Lui permettre de repérer les atouts dont il dispose pour (re)trouver une place dans son milieu social et les éléments auxquels il doit rester vigilant.
  • Redonner aux troubles du comportement leur valeur de message, afin de soutenir une clinique plus contenante, plus collective et plus respectueuse de la personne.

Outils pédagogiques

Les outils utilisés sont :

  • L’argumentaire, le programme détaillé des tables rondes et le résumé des interventions
  • Les interventions et diaporama
  • Les échanges avec la salle orchestrés par un modérateur qui synthétise chaque intervention
  • Les rencontres impromptues entre participants lors des temps de pause et du repas partagé le midi
  • Les échanges avec les intervenants disponibles toute la journée, notamment lors des pauses
  • Le dossier de la revue  Santé mentale  de Janvier/février est consacré aux actes des Rencontres Soignantes en psychiatrie
  • La mobilisation des savoirs au cours de remplissage de questionnaires (avant  et après la formation)

Evaluation

Différents outils sont proposés :

  • Questionnaire d’auto-évaluation des compétences visées ou test de positionnement  (avant et après la formation)
  • Test de repérage des connaissances en amont et en aval de la formation
  • Questionnaire de satisfaction

Indicateurs complémentaires :

  • Nouveaux abonnements à la newsletter des Rencontres Soignantes en Psychiatrie
  • Plus de  25 % des inscrits sont présents chaque année malgré le renouvellement du thème de la journée

En résumé 

Le colloque propose de déplacer le regard porté sur les troubles du comportement : il s’agit de ne plus les considérer seulement comme des problèmes à gérer, mais comme des situations cliniques qui interrogent le sujet, le soignant, l’équipe et l’institution. Cette journée invite à mieux observer, décrire, écouter et élaborer collectivement ce qui se manifeste dans l’agitation, le retrait, le cri, l’opposition, l’hypersexualité ou l’apparente docilité. En redonnant du sens à ces conduites, il devient alors possible pour le soignant  de restaurer un cadre contenant, d’éviter les réponses réductrices ou coercitives, et de transformer l’épreuve en occasion de rencontres, de soin et de lien.

Pour les personnes en situation de handicap

Service accessibilité de la Cité des sciences : info.handicap@universcience.fr / Tel. : 01 40 05 70 85

– Handicap intellectuel, troubles psychiques et cognitifsautisme :
mail : info.handicap(at)universcience.fr / tél. : 01 40 05 70 85

– Déficients visuels :
mail : info.deficientvisuel(at)universcience.fr / tél. : 01 40 05 75 94 – 01 40 05 78 95

– Mobilité réduite :
mail : info.handicap(at)universcience.fr / tél. : 01 40 05 70 85

– Sourds et malentendants :
mail : info.sourd(at)universcience.fr / tél. en LSF : 07 77 19 25 37 (Facetime ou WhatsApp) – 01 40 05 78 75 – 01 40 05 82 70.

Contactez si besoin notre référent handicap RSP : Isabelle LOLIVIER – 01 42 77 52 77 – ilolivier@santementale.fr