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20/05
2016

Rôle de l’inflammation sur les fonctions cognitives dans la schizophrénie : des stratégies de prévention ?

La prise de conscience des liens entre l’inflammation et les maladies mentales fait partie des grandes avancées de la dernière décennie. Un nouveau pas vient d’être franchi avec la publication dans la revue anglaise Schizophrenia Bulletin d’une étude française (1) menée sur le réseau des 10 Centres Experts FondaMental Schizophrénie (2) entre 2011 et 2015 auprès de 369 patients. Celle-ci révèle que l’inflammation périphérique observée chez les patients est associée à un niveau intellectuel général plus bas et à des déficits cognitifs plus prononcés. Ces résultats ouvrent la voie à une nouvelle façon de prendre en charge le déficit cognitif dans la schizophrénie, basée sur la mise en place de stratégies anti-inflammatoires préventives et curatives.

Dans cette étude, 369 patients souffrant de schizophrénie ont passé lors d’un bilan une évaluation complète sur leur santé mentale et physique. Les résultats sont sans appel : les sujets qui présentaient une inflammation périphérique chronique avaient des scores de fonctionnement intellectuel général (i.e. le quotient intellectuel) plus bas que les autres. En analysant plus finement les fonctions cognitives, les sujets présentaient des altérations globales de leurs capacités de mémoire, de concentration, d’apprentissage et de raisonnement.
L’« inflammaging ». Des résultats récents ont montré que l’inflammation pouvait accélérer le vieillissement cellulaire chez les personnes âgées : ce phénomène avait été alors nommé « inflammaging ». On pourrait donc faire l’hypothèse que l’inflammation pourrait conduire à un « vieillissement précoce » du cerveau dans la schizophrénie, mais que ce phénomène pourrait être potentiellement réversible.

Les résultats de cette étude ouvrent de nouvelles portes pour la prise en charge du déclin cognitif dans la schizophrénie. La stratégie la plus efficace semble rester la prévention, c’est-à-dire d’éviter tous les facteurs qui pourraient favoriser l’inflammation, afin de protéger au mieux le cerveau et améliorer le pronostic de la schizophrénie. L’ajout d’anti-inflammatoires, les omégas 3, la N-acetyl-cysteine (un acide aminé antioxydant), la vitamine D, les modifications du régime alimentaire et l’activité physique pourraient ainsi améliorer la cognition des personnes souffrant de schizophrénie.

(1) Bulzacka E et al., Chronic peripheral inflammation is associated with cognitive impairment in schizophrenia. Results from the multicentric FACE-SZ dataset. Schizophrenia Bulletin
(2) Labellisés par la Fondation FondaMental et hébergés au sein de services hospitaliers, les Centres Experts FondaMental Schizophrénie sont spécialisés dans l’évaluation, le diagnostic et l’aide à la prise en charge des schizophrénies. Construits autour d’équipes pluridisciplinaires, ils utilisent tous les mêmes standards d’évaluation. Ils sont destinés à faciliter une prise en charge personnalisée des patients et permettent le développement de la recherche clinique.