Comment la souffrance psychique se manifeste « par » le corps…

17 octobre 2022
09h00 - 10h15

Comment la souffrance psychique se manifeste « par » le corps…

En psychiatrie, tout commence par « du corps ». Ce corps replié, morcelé, incurique ou parfois adhésif est souvent le lieu privilégié de l’expression psychopathologique (états d’agitation, expériences de dépersonnalisation, retrait, hallucinations, délires, automutilations…). Ces manifestations s’imposent au clinicien qui doit alors tenter de déchiffrer ce que le corps transmet de l’éprouvé psychique. Au-delà des troubles du comportement, comment s’y repérer, quelle sémiologie ? Quels messages ? Au corps anatomique réel s’oppose le corps imaginaire. Le trouble psychique se nourrit en effet de la relation que le sujet entretient avec son corps, lieu emblématique de sa singularité dans lequel s’inscrit son histoire et son intimité. Cette « conscience du corps » renvoie le soignant aux concepts de schéma corporel, de corps vécu, d’image du corps, de moi-peau… qui permettent de s’approcher du ressenti du patient. A partir de cette étape, comment contenir l’agitation et l’angoisse au-delà du contrôle ou de la maîtrise ? Comment penser cette place prédominante du corps dans la démarche de soins ?

– Corps contraint, corps expressif Dr Philippe Nuss, psychiatre et chercheur Inserm/CNRS, CHU Saint-Antoine (Paris).

– Souffrances psychiques : les enjeux du corps et le lien corps/psyché, Fabien Joly, psychanalyste, psychologue clinicien, docteur en psychopathologie fondamentale et psychanalyse  de l’Université Paris VII, psychomotricien.

Le corps « dit », le corps « acte », le corps exprime, jouit et souffre… il est douleur ou extase… Au-delà du langage, par les comportements, les agitations, les passages à l’acte, les évitements ou les replis, le corps extériorise, indique et adresse…  Si les signes du corps relèvent fondamentalement d’une sémiologie, la question du lien corps/psyché participe d’une véritable élaboration psychopathologique (ouverte, complexe et pluri-dimensionnelle). Le corps est aussi le lieu d’une « rencontre » et d’une potentialité soignante dans de nombreuses techniques et médiations dites « corporelles »… Il y apparaît comme le vecteur privilégié d’un soin psychique qui vient soutenir la dimension thérapeutique. Ce faisant, le corps et les liens corps/psyché doivent être élaborés et réélaborés en permanence sur un double registre et selon un double angle de vue clinico (voire technico)-thérapeutique, et théorique autant que psychopathologique. C’est à ce carrefour, que cette intervention voudrait modestement vous emmener …